Article publié le 2011-12-15 par Par Anthony Vercrusse Dossier
Dossier Arts africains / Les bénéfices économiques de l’art africain - Des retombées multiples [11/2012]
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L’art africain rapporte gros aux pays du continent. Les différentes manifestations artistiques sont l’occasion pour de nombreux organisateurs de se faire une santé financière. Les artistes gagnent, les touristes aussi.

Les objets d’art sont un investissement pour l’Afrique. Chaque année, c’est une contribution essentielle qu’apportent ces arts aux économies des pays du continent. Des millions de dollars inondent les caisses des artisans et des organisateurs de salons, de spectacles liés à l’art. On ne peut parler de l’art africain sans faire cas du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). La biennale des arts africains réunit à chaque édition des centaines d’artistes et de visiteurs. La dernière édition, celle de 2010, a rassemblé 28 pays d’Afrique autour du thème : « Artisanat africain : jeunesse et emploi ». Cette XIIe édition a rassemblé, selon les chiffres donnés par les organisateurs, lors d’un bilan remis aux partenaires techniques et financiers, « 3 500 exposants, 300 acheteurs et visiteurs professionnels et 302 000 visiteurs grand public. » Ladite édition a aussi connu des innovations majeures. Entre autres, l’encouragement à l’excellence par la récompense des oeuvres artisanales exposées au pavillon de la Créativité, la mise en place d’un tutorat pour les artisans primés, la contribution à la protection de l’environnement, la gestion professionnelle des buvettes et restaurants et l’initiation de l’espace ludo-éducatif qui a permis de faire comprendre à plus de 250 élèves et étudiants que l’artisanat n’est pas la chasse gardée de ceux qui ont échoué à l’école. En termes financiers, les responsables du Salon ont confié avoir reçu de l’État une subvention de plus de 235 millions de F CFA (environ 360 000 euros) ; celle des partenaires financiers s’élèvait à plus de 238 millions (environ 365 000 euros) plus un solde financier de plus de 105 millions de F CFA (plus de 106 000 euros). Le bénéfice de cette manifestation est de créer un espace de rencontre, d’échanges et de marché entre les professionnels eux-mêmes, et entre les professionnels et les acheteurs. Selon le Directeur général du SIAO, Moussa Traoré, ce Salon n’est pas une foire : « On vient au SIAO pour la marque « Afrique », pour l'authenticité, pour la diversité. C'est le plus grand marché d'objets d'art africain. On y découvre l'art issu de la Guinée à l'Afrique du Sud en passant par l'Égypte. Le SIAO offre en un seul lieu la possibilité de faire les marchés d'Afrique. On visite également le SIAO pour les rencontres, les échanges, la beauté, la convivialité, pour avoir un panorama de l'artisanat entre tradition et innovation, pour connaître les cultures, les peuples et leur patrimoine, pour parler avec les professionnels et faire des affaires, comme dans tout ‘marché africain’ ».

Maintenir le cap

Le SIAO est l’expression, grandeur nature, de la richesse et de la diversité de l’art africain. Depuis plus d’une décennie, le Burkina Faso a fait l’effort de réunir en un seul lieu les professionnels de l’art, les acheteurs professionnels, un public de curieux pour vendre et faire vendre l’artisanat africain. Il s’agit à présent de faire en sorte que le SIAO contamine l’Afrique. Il doit être un Salon où lorsqu’un acheteur ou un artiste professionnel posent les pieds, ils en ressortent avec des carnets d’adresse, des promesses d’achat, des contrats signés. On l’a vu, le SIAO a été bénéfique pour des couches professionnelles données. Pour l’édition 2010, la coopération française a apporté au SIAO un appui d’environ 36 millions de F CFA, appui ciblé notamment sur le renforcement des capacités des agents du SIAO, sur le pavillon de la Créativité et sur le soutien aux artisans burkinabè à prendre part au SIAO en occupant des stands. La coopération autrichienne a aussi contribué au SIAO à travers le renforcement des capacités des femmes. Selon Rachelle Yé de cette structure, « l’intervention de la coopération autrichienne était ciblée et n’entrait pas dans le cadre événementiel ». Pour eux, il s’agissait de renforcer les capacités des femmes artisanes à participer au SIAO et à pouvoir bien vendre. « Nous avons financé la formation de 202 femmes en gestion d’entreprises et en commercialisation. Nous avons aussi donné trois prix aux femmes qui ont assisté à cette formation pour évaluer comment elles ont mis en pratique ce qu’elles ont appris dans les stands qu’elles ont occupés au SIAO. Il y a aussi l’autre volet qui a été l’acquisition de stands modernes pour le SIAO. » La XIIe édition sera sans doute celle de la maturité au vu de son thème évocateur : « artisanat africain et émergence économique ». Elle aura lieu du 26 octobre au 4 novembre 2012 ; le pays invité d’honneur sera le Japon.



Ce que l’on trouve au SIAO

Plus de 500 exposants venus de 30 pays d'Afrique

Sculpture (bois, bronze), Bijouterie, Objets de décoration, Maroquinerie, Ferronnerie, Tissage, Vannerie, Batik, Poterie (céramique), Peinture, Armurerie, Meubles, Textile et confection, Artisanat de récupération, Art de la calebasse, Broderie, Artisanat de services, Artisanat de production, Instruments de musique, Artisanat alimentaire, Antiquités...