Article publié le 2011-10-25 par Par Alexandre Korbéogo Dossier
TOURISME / Tourisme et développement - Un levier de la lutte contre la pauvreté [09/2011]
Seychelles © Lisa Lesperance / whl.travel

Le développement des pays africains passe par la lutte contre la pauvreté. Le tourisme, un des vecteurs les plus porteurs du continent est le créneau idéal pour participer à la lutte. La croissance y est et les chiffres d’affaire vont croissant.

Le tourisme est un facteur efficace de lutte contre la pauvreté. En Afrique, ce sont des milliards de dollars qui rentrent chaque année dans les caisses des Etats. Les destinations les plus prisées en Afrique ne diront pas le contraire. Parmi celles-ci, l’Afrique du Sud est reconnue comme l’une des premières destinations touristiques du continent. Dans cette partie de l’Afrique, que ce soit le tourisme de vision, le safari, l’écotourisme, etc., le chiffre d’affaires du pays dans ce volet ne fait que croître d’année en année. L’organisation récente de la coupe du monde 2010 est venue booster un secteur en plein essor. Par exemple, pour passer 6 nuits dans la célèbre réserve de Krugger au pays de Nelson Mandela, il faut, exceptés les frais de billet d’avion et autres, payer au minimum 4900 euros TTC. Le Kwazulu natal et la plage coûtent pour une dizaine de jours environ 4000 euros. Une fortune. Cette manne contribue à renflouer les caisses de l’Etat sud-africain. Dawid de Villiers, le Secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), agence spécialisée des Nations Unies, disait à la réunion de l’Organisation qui s’est tenue sur l’île de Mahé (Seychelles) que "Le tourisme, que chacun voit désormais comme un moteur de développement socio-économique, peut apporter une contribution essentielle à l’économie des pays africains ". Cette contribution, au-delà du folklore, peut sauver des économies souvent à bout de souffle. En Afrique subsaharienne, le tourisme rapporte en moyenne plus de 20 milliards de F CFA (plus de 30 millions de dollars) par an au budget des Etats.

La chance de l’Afrique

Le tourisme africain s’inscrit dans une originalité qui tranche avec le tourisme conventionnel. L’Afrique en elle-même est unique. Franklin Adejuwon, Ministre de l'agriculture et des parcs nationaux du Nigéria dans son oeuvre intitulée «Le développement touristique en Afrique : obstacles et perspectives» présentait cette particularité de façon explicite en disant que l'Afrique détient ce caractère exceptionnel et une qualité inégalée en termes d'histoire, de richesse culturelle, de faune, de flore, de climat et de structures morphologiques. Il partait du principe que les limites septentrionales du continent qui bordent la Méditerranée, offrent un climat et un littoral attrayants pour les touristes européens. De fait, la plupart des pays nord-africains sont devenus des destinations touristiques potentielles pour les européens. Parmi ces destinations figurent en bonne place l’Egypte avec ses mythiques pyramides qui défient le temps et l’espace. En moyenne, elles reçoivent plusieurs millions de visiteurs par an contribuant à l’économie du pays. Franklin dit qu’«En Égypte, les gigantesques pyramides, les temples des pharaons et les nombreux relevés de hiéroglyphes sont à l'origine de l'admiration et de la curiosité des touristes pour les attrayantes histoires et culture égyptiennes. Même si certains des pays d'Afrique du Nord sont déjà prisés, le nombre d'arrivées est très insuffisant et les touristes boudent ces destinations.» La lutte contre la pauvreté en Afrique ne va pas sans le tourisme, le tourisme cynégétique, le tourisme des cultures, l’écotourisme. Ce dernier cité à la cote sur le continent car il allie la lutte pour la protection de l’environnement à la beauté de faire du tourisme.

Le patrimoine, l’écotourisme et la culture

Le tourisme et la lutte contre la pauvreté se conjuguent sur le continent avec la préservation de la culture. Les peuples africains ont toujours bâti leurs réalités sur leurs cultures. Avec l’évolution, la nature a fait le reste. Les traditions, les cultures africaines constituent en elles mêmes un tourisme riche et diversifié. Le développement des richesses matérielles et immatérielles ainsi que leur mise en valeur ont fait l’objet de convoitises durant des siècles. Le trafic des biens culturels africains est passé par là. C’est toute une histoire pétrie dans le moule du temps qui aujourd’hui contribue au développement de l’Afrique. Lorsque l’on lutte contre la pauvreté à travers le tourisme, on lutte aussi pour la préservation de la dignité. Et, préserver sa dignité n’est rien d’autre que préserver son patrimoine car c’est l’histoire qui forme les peuples. Si l’Afrique a des richesses que l’on ne trouve nulle part ailleurs, c’est parce que ses fils ont su préserver des biens que ni les «vautours», ni l’esclavage, encore moins la traite négrière n’ont pas pu décimer. Par succession d’épreuve, l’écotourisme s’est forgé comme une réalité incontournable pour l’Afrique. Comme si la marche du temps favorisait l’émergence de richesses enfouies dans les méandres de l’Afrique. Tout le monde parle d’écotourisme. Or, seule l’Afrique a la capacité, de par sa nature, d’offrir au monde les plus belles aventures éco touristiques au monde. Au Kenya, en Mozambique, en Tunisie, au Maroc, en Afrique du Sud, au Zimbabwe, en Zambie, etc., l’écotourisme prend de l’envol. Cet envol permettra aux africains de bâtir des nations économiques fortes et prospères. Il suffit d’y croire et de travailler à l’évènement de cette réalité à travers nos cultures, notre patrimoine, notre richesse. Le tourisme, dans sa transversalité contribue inévitablement à la lutte contre la pauvreté. Pour y parvenir, la paix doit être l’aspiration profonde des africains. Inévitablement.