Depuis des millénaires, les hommes ont toujours cherché à protéger et à faire prospérer la nature. En Afrique, le mois de juillet est choisi par de nombreux pays pour procéder au lancement des campagnes de reboisement. Zoom sur cette activité qui est de notoriété dans les quatre coins du continent.
Planter des millions d’arbres à travers l’Afrique chaque année, c’est l’objectif visé par les campagnes de reboisement. A tour de bras, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, aucun pays africain ne semble se faire conter l’histoire pendant la saison hivernale. Que ce soit des Organisations non gouvernementales (ONG), des associations de la société civile, des particuliers, des ministères chargé de l’environnement, tous y vont de leur méthode et de leur technique pour donner à la nature, une verdure honorable. Ces campagnes de reboisement sont utiles en Afrique non seulement pour lutter contre la dégradation des sols mais aussi, pour freiner l’avancée du désert. Dans certains pays, ces reboisements profitent à l’agriculture dans la mesure où ils permettent de régénérer les sols, en protégeant le couvert végétal. De Brazzaville à N’Djamena, de Dakar à Cotonou, de Ouagadougou à Nouakchott, les capitales africaines rivalisent dans les campagnes de reboisement. En 2008, le Sénégal avait lancé sa campagne pour planter 50 millions d’arbres. Au Cameroun, ce sont 10 000 hectares de terres qui attendent 15 000 arbres d’ici à 2015. Au Burkina Faso, chaque année, les services du ministère de l’environnement reçoivent par milliers des demandes d’arbres en vue de procéder à des campagnes de reboisement. Au Congo (Brazzaville), ce sont 4 milliards de F CFA (plus de 6 millions d’euros), en vue de reboiser un million d’hectares d’ici 10 ans. A Lubero, en RD Congo, les organisations de base, aidées par l’Etat et des ONG ont lancé un programme agro forestier pour atteindre des objectifs réels de lutte contre la déforestation. En effet, ce programme vise à permettre aux populations de prendre en charge leur développement environnemental. Il permettra de créer 50 pépinières, d’installer une compostière dans chacune des organisations de base, de planter par an 50 000 arbres et de favoriser une meilleure approche des techniques de protection de la nature. Par cet acte se traduit le développement endogène prôné par le Pr Joseph Ki Zerbo. Dans la mesure où ces organisations de base sont les premiers acteurs de leur développement, les résultats ne peuvent qu’être au rendez-vous. Il est clair qu’étant sur place, elles prendront soin de ces forêts plus que quiconque. Ainsi donc, les arbres plantés sur place feront l’objet d’attention particulière de la part de ces organisations de base qui ont pris de leur temps et sacrifier leurs ressources pour rendre à la forêt son éclat.
Différentes espèces, plusieurs bénéfices
Comme partout ailleurs, en Afrique, les arbres sont fonction des sols. Certains arbres résistent mieux au désert que dans les mangroves. D’autres résistent mieux au sol caillouteux qu’au sol sablonneux. L’arbre le plus planté en Afrique semble être l’acacia et l’eucalyptus. Surtout, dans les pays au Sud du Sahara. On a aussi les Nîmes, les pins et les arbres fruitiers. Grâce à leur possibilité de s’adapter au sol, ces arbres produisent abondamment des ressources utiles à l’homme. Entre autres, le bois, les fruits, l’ombre, la fumure, les produits nécessaires à la fabrication de médicament, etc. L’Afrique, terre de tradition et de coutume est souvent en phase avec cette réalité à travers les arbres. Certains arbres tels que le baobab, le rônier, sont sacrés dans des pays. Par exemple, le baobab est un arbre centenaire sur le continent. Vrai ou faux, le mysticisme africain considère cet arbre comme le reposoir des génies, bons ou mauvais, c’est selon. Que dire des fruits et des feuilles, sources et produits de guérison de nombreuses maladies. Le célèbre livre de Dim Dolobson, l’un des précurseurs de la Négritude, intitulé «Les secrets des sorciers Noirs» traite allègrement de ces questions avec force et détail à l’appui. Ce sont autant de richesses que les campagnes de reboisement tentent et permettent de conserver et de faire fructifier. Si aujourd’hui, des espèces d’arbres sont protégées, c’est parce que les générations futures risquent de manquer des bienfaits des produits de ces arbres soit sur le plan de la protection de l’environnement, soit sur le plan de la recherche. Ahmadou Kourouma, l’auteur du célèbre roman «En attendant le vote des bêtes sauvages» gratifie l’arbre en disant qu’: «Il faut toujours remercier l'arbre à karité sous lequel on a ramassé de bons fruits pendant la bonne saison.» Et, ces fruits peuvent être matériels comme immatériels.
Lutter indéniablement contre les espèces envahissantes
L’arbre ne doit pas cacher la forêt, dit-on. Ainsi, tous les arbres ne sont pas bénéfiques pour l’environnement. Parmi ceux-ci, on trouve les espèces envahissantes. Ces espèces sont de véritables « machines à sous » dans les pays tels que l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Zambie, pour ne citer que ces pays. Le hic est que malgré le fait qu’ils sont envahissants, ils produisent du bois d’oeuvre pour les populations. A ce propos, Betserai Isaac Nyoka, situe dans la revue Ressources Génétiques Forestières que «le prix de gestion des espèces d'arbres envahissantes étrangères doit être soupesé avec les bénéfices sociaux et économiques dérivés de ces espèces. L'industrie du mimosa, basée sur A. Mearnsii par exemple, une espèce d'arbre envahissante principale en Afrique du Sud et au Zimbabwe, contribue respectivement à 75 millions de $EU et 3 millions $EU par an. P. patula, une autre espèce d'arbres envahissante exotique d'Afrique du Sud et du Zimbabwe, est plantée sur une surface de 337 337 et 49 141 hectares respectivement et elle constitue une ressource de bois d'oeuvre de plusieurs millions pour les industries de la pâte et du papier dans les deux pays.» Ainsi donc, les différentes espèces d’arbres ont leurs avantages et leurs inconvénients. Tout compte fait, les avantages sont aussi multiples que les inconvénients. Il y a lieu de savoir qu’«entre deux maux, il faut choisir le moindre.»