Article publié le 2011-07-22 par LNA Dossier
LE BOIS / A la découverte des grands pays exportateurs [05/2011]
Scierie au Cameroun © JG Collomb/World Resources Institute 2001

Avec ses millions de m3 de bois produit chaque année, le continent africain n’est pas en restedans le commerce mondial du bois. Même si sa part contributive au commerce mondial n’estpas aussi fulgurante que celle de l’Asie, il n’en demeure pas moins que les pays africainsproducteurs de bois ont leur mot à dire sur l’échiquier international.

Sur les cinq régions qui composent l’Afrique, les deux plus grosses productrices de bois sont l’Afrique orientale et les pays côtiers de l’Afrique occidentale. En effet, selon les estimations portant sur la moyenne comprise entre 1996 et 2000, les deux sous-régions de grande production de bois d'oeuvre sont l'Afrique orientale (36 pour cent du total de l'Afrique) et les pays côtiers de l'Afrique occidentale (près de 23 pour cent). Les parts de l'Afrique australe et centrale (à l'exclusion du Tchad) dans la production totale de bois d'oeuvre africain sont d'environ 15 pour cent. Les parts de l'Afrique du Nord, du Tchad et de la zone sahélienne de l'Afrique occidentale sont, quant à elle, négligeables (de 1 à 5 pour cent chacune). Selon les statistiques d'exportation, l'Afrique centrale est le plus grand exportateur de bois d'oeuvre (environ 84 pour cent) tandis que l'Afrique orientale - premier producteur de bois d'oeuvre - contribue le plus faiblement aux exportations africaines (0,3 pour cent seulement). La comparaison entre la part de la production sous-régionale et les exportations de bois d'oeuvre donne une indication générale sur le degré de transformation réalisé par une sous-région donnée. Bien que l'Afrique centrale (à l'exclusion du Tchad) exporte une grande partie de la production de bois d'oeuvre, seule une petite partie est transformée localement. La conséquence de cette situation est l’insuffisance de plus-value créée par la transformation des produits sur place. A contrario, le bénéfice tiré, est l’augmentation du volume des exportations entraînant l’entrée de devises dans le pays. Grâce aux multiples dérivés du bois, le continent africain trouve en ce produit un meilleur outil de diffusion de ses exportations. Le bois africain, de par sa qualité est prisé, à travers le monde. Que ce soit les deux Congo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, etc., de nombreux pays africains ont fait du bois une source sûre de production de devises d’exportations. Comparativement, l'Afrique centrale est la sous-région la plus riche en ressources forestières et en zones boisées du continent. Le couvert forestier et les zones boisées y représentent 40 pour cent de celui de l'Afrique. L'Afrique australe et orientale, détiennent chacune de 20 à 22 pour cent environ du couvert forestier africain. En rapprochant les chiffres de la production actuelle de bois d'oeuvre et les surfaces de forêts et de zones boisées naturelles, on peut déduire le degré d'épuisement des ressources forestières dans une sous-région donnée. Les pays côtiers d'Afrique occidentale assurent ainsi 23 pour cent de la production totale de bois d'oeuvre en Afrique alors que le couvert en forêts et zones boisées ne représentent que sept pour cent de celui de l'Afrique. La situation est identique en Afrique orientale. Le taux d'épuisement des ressources forestières naturelles est beaucoup plus faible en Afrique centrale. Cette sous-région assure 15 pour cent de la production totale de bois d'oeuvre africain alors que sa surface de forêts représente 40 pour cent du total africain. Forts de ce potentiel, les pays africains producteurs de bois doivent doubler d’effort afin d’avoir une production qui concurrence les grandes nations d’Asie avec des méthodes de production qui s’inscrivent dans la légalité. Il ne sert à rien de produire du bois si on doit détruire les forêts sans leur permettre de se régénérer. Car, la part de l’écosystème dans la régénération de la vie sur terre est très importante.

Intensifier la production avec la manière

Les sous-régions potentiellement compétitives qui devraient accorder la plus haute priorité aux investissements réalisés en faveur du développement du secteur forestier dans le cadre du PDDAA du NEPAD sont l'Afrique orientale, les pays côtiers de l'Afrique occidentale, l'Afrique centrale (à l'exclusion du Tchad) et l'Afrique australe. Presque tous les pays de chacune de ces sous-régions ont une superficie de couvert forestier et de zones boisées supérieure à cinq pour cent du couvert de leur sous-région et doivent intensifier leurs efforts pour exploiter leur avantage comparatif. Les forêts naturelles et les espaces boisés sont des ressources négligeables dans des pays tels que la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, la Guinée-Bissau, Djibouti, la Sierra Leone, le Togo, le Burundi, le Rwanda, les Seychelles, l'Ouganda, les Comores, Maurice, le Malawi, le Swaziland et le Lesotho. Ces pays, malgré des ressources négligeables essaient tant bien que mal de porter haut le flambeau de la production de bois. Puisque le bois ne se résume pas seulement aux grumes mais aux multiples dérivés qui peuvent créer des richesses. Parmi ces dérivés se trouvent les sciages, les plaquages et les contreplaqués. Ces derniers sont des créneaux porteurs pour l’Afrique, pourvu que les politiques économiques répondent aux exigences du marché national et international.