En Afrique, 2011 sera une année qui connaîtra le renforcement des acquis politiques de 2010. Presque la majorité des pays viennent d’organiser des élections. Il s’agira à présent de mettre en oeuvre les programmes politiques et d’ancrer davantage la pratique de la démocratie et de la bonne gouvernance.
En 2011, le jeu politique en vaudra la chandelle en Afrique. A première vue, il n’y aura pas d’élections à grands enjeux dans presque tous les pays. Le Burkina Faso, la Guinée- Conakry, la Côte d’Ivoire, etc., viennent d’organiser des élections présidentielles avec respectivement des présidents élus par leur peuple. Si au Burkina Faso et en Guinée- Conakry, les élections des présidents Blaise Compaoré et Alpha Condé n’ont pas connu de soubresauts majeurs, en Côte d’Ivoire, l’heure est à l’expectative. Laurent Koudou Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara s’étant respectivement proclamé président. L’un a été donné vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI) (Alassane Dramane Ouattara) et l’autre, par le Conseil Constitutionnel (Laurent Gbagbo). De facto, pour la première fois de son histoire, un pays africain se retrouve avec deux présidents, deux gouvernements et deux armées, sous le regard des forces onusiennes de maintien de la paix et la force française Licorne. Cette situation des plus déplorables situera incontestablement le pays de feu Félix Houphouët Boigny (le premier président de la Côte d’Ivoire) au coeur de l’actualité politique durant le premier trimestre de 2011. L’espoir de toute la nation ivoirienne est accroché à ces deux présidents.
Ancrer la démocratie
L’année nouvelle qui débute en Afrique sera placée sous le signe de l’ancrage de la démocratie, de la bonne gouvernance locale et économique et, de la stabilité politique. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, les pays africains seront dans le starting bloc pour maintenir une stabilité politique et durable. Au Nord de l’Afrique, le Maghreb n’aura pas grand souci à se faire. Que ce soit le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie, la Lybie, leur système politique est bien huilé pour favoriser une stabilité durable. Qui dit stabilité, dit croissance, dit aussi développement. Tout est lié de telle sorte que lorsqu’un maillon est défaillant, c’est toute la chaîne qui se trouve grippée. En raison de l’expérience maghrébine de gestion du pouvoir, ne peut-on pas penser que cette expérience pourrait servir au reste de l’Afrique ? La question mérite d’être posée et des réflexions profondes menées sur le sujet en cette nouvelle année. Les mêmes causes produisant les mêmes effets et sachant qu’il n’y a pas de système de gouvernance «magique» et «parfaite», toutes les formes de démocratie et de gouvernance qui ont fait leurs preuves dans des pays peuvent être expérimentées dans d’autres pays. Pour y parvenir, les pays africains doivent allier courage politique et volonté de créer autre chose que de mimer les autres. Le mimétisme n’a jamais réussi à l’Afrique
Pourquoi ?
Le mimétisme n’a jamais réussi à l’Afrique du fait que les réalités des pays occidentaux ne sont pas les mêmes que ceux du continent. D’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, les pratiques sociologiques, culturelles sont différentes. L’Afrique a besoin de connaître ses racines et d’y puiser pour trouver sa voie. On ne peut pas comparer l’histoire des pays africains qui, depuis la nuit des temps, avaient des pratiques démocratiques que les colonisateurs ont reconnus dans les nombreux écrits sur l’histoire africaine. Aujourd’hui, le monde entier reconnait la valeur de la tradition dans l’évolution des systèmes politiques. Les pays d’Asie l’ont su très tôt. Des pays comme l’Inde, la Chine, ont fondé leur système démocratique sur la base de leurs coutumes. Et, cela leur réussi à merveille.
En Afrique subsaharienne
Si au Maghreb, la stabilité politique est un acquis, il n’en est pas toujours de même en Afrique subsaharienne. La démocratie est en train de révéler ses effets positifs avec des transitions réussies au Ghana, au Mali, au Libéria, au Bénin, en Afrique du Sud, au Burkina Faso, pour ne citer que ces pays. Les enjeux politiques pour ces pays en 2011 est de maintenir la stabilité et de travailler à exercer la bonne gouvernance. Des pays comme le Burkina Faso en ont fait leur credo. Le développement, en son sens plein et entier, ne va pas sans la lutte contre la corruption. Un pays corrompu est un pays qui va droit dans le mûr de la désolation et du pillage des richesses. De nombreux pays ont déjà fait l’option de la pratique de la gouvernance qui s’appuie sur les valeurs de transparence, de bonne gestion des deniers publics, de la lutte contre la fraude et les pratiques de contrefaçon. Ne dit-on pas que ceux qui bâtissent dans la transparence savent soulever des montagnes lorsque le besoin l’exige ? Les enjeux en 2011 en Afrique sont à la hauteur des attentes et des espoirs du peuple africain. Un peuple qui trace son chemin dans le concert des nations.