Article publié le 2015-03-18 par Par Daouda Émile Ouédraogo Editorial
C’est encore possible ! [03/2015]
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Où va l’Afrique ? S’interrogeait un vieillard assis à l’ombre d’un baobab au vu des conflits et des attentats qui déchirent le continent. Après un long monologue, il conclut : «c’est encore possible de croire en l’Afrique.» Oui !, devant le chaos, devant une fillette de 7 ans qui se fait exploser avec une bombe dans un marché au Nigeria, le désespoir s’empare de notre quotidien. Les interrogations, les commentaires sur le pour et le contre de cet acte qui dépasse la mesure humaine, semble l’emporter sur la sagesse d’une Afrique qui a besoin de sa jeunesse pour écrire les plus belles pages de son histoire. Depuis les indépendances, malgré le fait que le continent soit tiraillé par les crises incessantes, une réelle dynamique prouve que les obstacles au développement sont en train d’être surmontés. Oui! C’est encore possible de construire l’Afrique Il est encore possible, face au désespoir causé par les guerres, les attentats, de rebâtir une Afrique qui va de l’avant. Les plus belles pages de l’humanité ont été écrites durant les moments les plus difficiles. Un contemporain disait que « ce sont les moments difficiles qui font la vérité des hommes ». Ce sont les crises, les incertitudes, les tribulations qui forgent le socle de ce continent, mère de tous les continents. Il est encore possible de bâtir une Afrique qui défie le temps, les obstacles pour inscrire son nom parmi les continents qui ont décidé de prendre leur destin en main. Pour y parvenir, les moyens existent, les opportunités à portée de main. Les leviers de la croissance ont besoin d’être activé à cet effet. À vue d’œil, le chantier semble colossal. Et pourtant ! Oui ! Il est encore possible de reconstruire ce beau continent ; ce continent qui a tout à donner au monde et, attendre des autres la reconnaissance et la paix. L’Afrique est un concentré de solutions, de richesses et d’opportunités. Tous les domaines semblent vierges. Tous les secteurs sont à «apprivoiser». Les leviers de la croissance dans les domaines de la paix, de la santé, de l’agriculture, de l’éducation, de la recherche, des mines, du tourisme, des industries sont à activer. Il ne peut y avoir de développement durable que lorsque la nécessité rejoindra le besoin. En Afrique, l’on a besoin d’inscrire les plans de développement dans la durée et la continuité. Car, autant qu’il est possible de rebâtir ce que les conflits ont détruit, il est autant judicieux de préserver les acquis. Oui ! Il est possible de repartir à zéro pour poser pas à pas les jalons d’un continent en phase avec sa croissance. L’Afrique est une terre de croissance, de liberté, et de joie. Il faut y croire et y persévérer en vue d’enclencher une dynamique inclusive qui prenne en compte toutes les sensibilités, tous les âges. «Une société qui ne reconnaît pas que chaque individu à des valeurs qui lui sont propres qu’il est autorisé à suivre, ne peut pas avoir de respect pour la dignité de l’individu et ne peut réellement connaître la liberté» disait Friedrich Hayek. Connaître et activer les leviers de la croissance est le leitmotiv pouvant garantir à l’Afrique un avenir radieux. Oui ! C’est encore possible de rebâtir ce beau continent. Les bâtisseurs sont connus. Ce sont les hommes et les femmes pétris de talents, de courage et plein d’initiatives et de volonté. Il n’existe pas d’obstacles pouvant faire reculer près de 800 millions de personnes. Il suffit de promouvoir la paix à tous les échelons de la société. Et, cette paix passe par le choix de dirigeants opéré par le peuple. À l’entame de cette nouvelle année, année de tous les défis électoraux, la réussite des processus électoraux est un impératif pour promouvoir la paix et la bonne gouvernance. Une société se construit au prix de sueurs, de souffrances et de larmes. Ainsi, les peuples peuvent et pourront construire des nations fortes et prospères.