Article publié le 2014-03-11 par Daouda Emile Ouedraogo Editorial
La formation professionnelle, la solution pour l’emploi [11-12/2013]
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Depuis très longtemps, les pays africains avaient misé sur la formation classique générale pour former les cadres des administrations publiques et privées. Au fil des années, cette formation purement théorique s’est heurtée à l’insuffisance des offres d’emploi sur le marché et à la raréfication des emplois dans certains domaines qui tendent à disparaître. La formation théorique a montré ses limites. Au début des années 2000, de nombreux pays africains ont commencé a tourner le regard vers d’autres modules de formation plus axés sur la demande et sur le marché de l’emploi. Les métiers font leur entrée sur le marché de la formation. L’on quitte le domaine classique de la théorie pour allier la théorie à la pratique. Au contraire de l’enseignement général, l’enseignement professionnel permet à l’apprenant de s’orienter dès le plus bas âge vers les domaines dans lesquels il se sent apte à gagner honorablement sa vie. Grâce à la formation professionnelle, l’accès à l’emploi est devenu plus aisé pour les générations présentes. Ils ont la facilité de s’auto-employer, de créer leur propre entreprise ou de se faire embaucher plus facilement. La formation à la mécanique, à la construction, au génie-civil, aux métiers de la coupe et de la couture, à l’électricité permet aux jeunes de créer leur propre richesse. La formation professionnelle se positionne alors comme un tremplin vers une économie riche d’entreprises aussi moyennes que grandes. Il est clair que l’enseignement général a montré ses limites dans les économies africaines. L’art d’apprendre par soi-même, à se former à un métier qui débouche inexorablement sur la création d’emplois est à cultiver dans les villes et les villages d’Afrique. Cette Afrique, riche en potentialités, est aussi riche et fertile en matière grise. Il y a de nombreuses opportunités capables de faire de l’Afrique et des africains les acteurs de leur propre développement. Cela ne va pas sans la formation professionnelle, sans la maîtrise des différents métiers capables de générer de la richesse. Se former, c’est ajouter de l’espoir à la connaissance, c’est consolider des acquis indéniables pour le futur. Il n’a jamais été dit que la connaissance est nuisible. La lutte des jeunes africains doit se tourner vers une quête permanente du savoir, pas n’importe lequel, mais le savoir qui crée pour les autres un monde meilleur, une Afrique qui avance. A travers la formation professionnelle, il est possible de joindre l’utile à l’agréable car le chemin le plus long commence par le premier pas. Et, les africains doivent opter pour le pas de la formation professionnelle. Celle-ci doit être orientée vers des lendemains qui chantent l’hymne du développement, l’hymne de la résorption du chômage. La formation professionnelle se positionne comme la clé pour l’émergence de l’Afrique. Sur le continent, les métiers ont la chance de créer des emplois pour la jeunesse. Un jeune mécanicien, grâce au crédit octroyé dans certains pays après la formation, peut s’installer facilement à son propre compte. Idem pour un couturier, un menuisier, un maçon, un restaurateur, etc. Il n’y a pas de sot métier dit-on et, l’avenir de l’Afrique ne se trouve pas dans les fonctions publiques. D’où qu’il est urgent pour les économies africaines, pour les États africains de mettre l’accent sur la formation professionnelle. Le processus est enclenché dans certains pays où les États ont créé des ministères propres à l’enseignement professionnel. Mieux, certains États ont mis en place des mécanismes de financement de projets porteurs de jeunes formés dans les écoles professionnelles. Car, selon Alain Madelin, «à l’aube d’une nouvelle civilisation qui, plus que jamais, repose sur la culture, la connaissance et le savoir, notre avenir dépend de la qualité de notre éducation et de notre formation.» Tourner la page de l’enseignement général et mettre l’accent sur celui professionnel, c’est opter pour la lutte contre le chômage, c’est opter pour une Afrique qui gagne.