Article publié le 2011-07-23 par Par Daouda Emile Ouedraogo Editorial
La pêche, une pratique prisée et bénéfique en Afrique [06/2011]
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Les côtes africaines sont le berceau des zones de pêche. Diversités de poissons, diversités de pratique, techniques de pêche atypique et particulière, les eaux africaines produisent par an des millions de tonnes de poisson et ses dérivés. La Mauritanie, le Sénégal, la Namibie, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert sont des lieux de prédilection de la pêche en Afrique. Certains exercent cette pratique avec passion (pêche sportive), d’autres pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles (pêche traditionnelle), d’autres encore pour se faire des bénéfices énormes (les Etats, les firmes, les bateaux de pêche). Le poisson en Afrique se vend, se mange, se déguste et s’exploite de façon conséquente pour diverses pratiques dans le berceau de l’humanité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’Afrique a des potentialités énormes en matière de ressources halieutiques en général et le poisson en particulier. La chance de l’Afrique réside dans la connexion des cours d’eaux. Les fleuves traversent généralement plusieurs pays, permettant un mouvement conséquent des poissons. L’exemple du fleuve Niger qui traverse le Niger, le Mali et le Burkina est éloquent. Mieux, les différents grands barrages construits sur des fleuves sont des producteurs «exquis» de tonnes de poissons par an. Cette réalité se vit dans presque tous les pays d’Afrique. Quant à la quantité des prises, elle dépend de la gestion de ces plans d’eaux, des cours d’eaux, des côtes africaines. Le poisson est même devenu pour les pays africains, une source sûre de revenus. Malgré les menaces qui pèsent sur la diminution des ressources halieutiques, générées par la surexploitation des bateaux de pêche occidentaux, le poisson rapporte chaque année, quelque 300 millions de dollars US aux pays africains. En 1997, l’Afrique a exporté des produits maritimes de l’ordre de 445.053.000 U$. Dans le monde, l’Afrique regorge des eaux les plus poissonneuses qui puissent exister. Les différentes espèces aussi variées que diversifiées sont prisées non seulement par les Africains mais aussi, par l’Union européenne dont les bateaux de pêche, environ 300 par an mouillent au large des côtes africaines. Les ressources halieutiques sont une aubaine pour l’Afrique, puisqu’en Afrique, les dérivés de la pêche sont exploités à des fins diverses. Certains poissons sont utilisés sur le continent pour des pratiques exotiques ou mystiques. D’autres, sont utilisés dans le cadre de la médecine traditionnelle dans le but de guérir certaines maladies. Didier Paugy, hydrobiologiste, directeur de recherche à l’Institut de recherche et de développement (IRD) souligne que «la pêche a une telle importance pour les populations africaines qu’elle est inscrite de manière indélébile dans la culture africaine ». Si ces rites ancestraux tendent aujourd’hui à disparaître, on trouve toujours au Mali, au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire des mares sacrées ou prolifèrent poissons ou crocodiles. L’Afrique vit par le poisson et dans le poisson. Généralement, un africain, friand de poisson, ne peut passer à Dakar, Abidjan, Praia, Nouakchott, Banjul ou tout autre capitale africaine sans goûter aux spécialités du poisson d’eau douce. Plus d’un millier d’espèces de poissons pullulent dans les eaux du continent. Le poisson en Afrique est ce qu’est l’arbre pour l’écorce. Il constitue l’une des créations qui, par ses formes, ses modes de vie, ses environnements, est un mythe, une découverte, faisant de sa présence dans le monde une source vivifiante pour ceux qui l’exploitent. La pêche a ses réalités sur le continent que la raison ignore. Les différentes techniques de pêche, les produits utilisés, les dérivés de la pratique, les bénéfices tirés, sont autant d’éléments qui agrémentent la pratique de cette activité aux quatre coins du continent. Il faut simplement la vivre pour comprendre et s’y imprégner. La passion fait le reste.