Article publié le 2011-03-09 par Par Jamil Thiam Education
Promotion de l’éducation des filles au Tchad [02/2011]
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Au Tchad, beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école dont plus de la majorité sont des filles, souvent confinées à des tâches ménagères. Et pourtant les besoins en matière demeurent de plus en plus pressants chez celles-ci. C’est consciente de cette réalité que l’association Oumorna qui signifie « Notre Vie » tente d’apporter une réponse à l’éducation des filles dans la localité de Diguel, une banlieue de la capitale Ndjamena. Les responsables de cette asbl, créée il y a quelques mois, comptent ainsi y construire une école afin de permettre à plusieurs filles d’aller à l’école. Un souci d’une grande noblesse que la communauté tchadienne, les partenaires, les amis, les familles etc sont disposés aujourd’hui à soutenir, a fait remarquer Madame Abakar Amalkher, présidente de Oumorna.

Abakar Amalkher, présidente de l’asbl Oumorna

Je m’appelle Abakar Amalkher d’origine tchadienne et j’ai grandi ici. Je suis la présidente de l’asbl. J’ai hérité au pays de ma mère un petit terrain. Avec cet espace, à travers l’association Oumarno, nous envisageons d’y construire une école destinée à l’éducation des jeunes filles à Diguel dans la banlieue de Ndjaména. On a ainsi constitué une association composée d’une équipe dynamique qui porte le projet de construction de cette école. L’école s’appellera Oumorna qui signifie notre vie en langue tchadienne. On a pris le nom « notre vie » parce que l’objectif est de contribuer à donner la possibilité à plusieurs filles, hors du circuit scolaire, de pouvoir se développer. Et pour se développer, il faut avoir accès à l’éducation. Donc, les grands axes qu’on va suivre, c’est de promouvoir l’éducation des filles grâce à notre association. Pour que nos actions aient plus d’impact, on s’est bien structuré.

Julie Kakiése Sompo, secrétaire général adjoint, sur le coût du projet

Nous sommes une jeune association mise sur pied, il ya quelques mois. Comme les besoins sont très importants au Tchad, on s’est dit : lançons-nous surtout parce qu’on a des interlocuteurs au pays qui nous appuient dans cette initiative. Nous nous sommes engagés pour apporter notre pierre à l’amélioration de l’éducation des jeunes filles dans ce pays d’Afrique. Nous voulons construire quelque chose de positif.

Le coût du projet

Il nous faut 6000 euros pour commencer. La construction sera en bois traité qui coute un peu plus cher. On doit tenir compte de plusieurs facteurs, dont le coût de l’électricité qui représente un budget important.

Kaltouma Issaka, membre d’Oumorna, sur les ressources déjà disponibles Ressources financières

Pour la mise en oeuvre du projet, nous avons discuté de la manière dont on va récolter les fonds. Nous allons ainsi organiser des soirées culturelles, mais aussi faire connaitre la culture tchadienne. C’est toujours une surprise quand les gens rencontrent des tchadiens. Donc, l’un des objectifs de cette association, est aussi de promouvoir la culture tchadienne, même si la finalité est la création de cette école pour l’éducation des filles. Et avant le mois de juin prochain, on organisera une soirée de bienfaisance pour sensibiliser les invités à la thématique, les inciter à prendre une part active dans ce projet, en finançant ou en parrainant les petites filles de cette école.

Ressources humaines compétentes

On est six personnes dans l’association composée pour l’essentiel de femmes. Mais on a les parents, les amis qui nous soutiennent. Et à mon avis, la communauté tchadienne serait intéressée par ce projet. Même si on est ici, on a les yeux tournés vers le pays. Car, la plupart d’entre nous ont presque 80 % de leur famille qui est là-bas. On compte aussi sur d’autres communautés comme la communauté belge. On a grandi ici on a forcément un réseau socioprofessionnel sur qui on peut compter. Avec les ressources humaines déjà disponibles, on peut faire de grandes choses pour ce projet.

Partenaires potentiels

On a commencé avec un cousin qui est très engagé dans le secteur associatif en l’occurrence Haroun Mahamat. Lors de la dernière soirée pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance du Tchad organisée à Bruxelles, on a eu des contacts avec les responsables de l’ambassade. On a des contacts sur place au Tchad. Dans mon travail aussi, j’ai des contacts. Progressivement, on réussit à tisser notre toile et élargir notre carnet d’adresse. On est vraiment confiants pour la réalisation de ce projet. De même, on va se rapprocher de la coopération technique belge et de la commune qui a un volet international. Ce sont toutes des pistes qu’on a mises par écrit et qu’on tente de creuser très prochainement.

Achta Boukar, vice-présidente sur la collaboration et le cout du projet

Nous avons un parent qui a une expertise avérée dans l’éducation au Tchad et qui gère deux écoles privées sur place. Il jouera le rôle de facilitateur dans le processus de mise en oeuvre du projet. Il sait nous appuyer dans ce domaine.

Abakar Yaya, trésorier, sur le choix du site

On a initié ce projet au sein d’une localité, Diguel où on a besoin d’éduquer les gens, les filles en particulier. Le constat est triste. Et on a vu la réalité à chaque fois qu’on est parti en vacances. C’est pourquoi, sensibilisés, on s’est dit comment des gens peuvent vivre sans éducation. Les gens n’ont pas accès à l’instruction. C’est ainsi, à travers l’association Oumorna, on s’est engagé à prendre des initiatives pour tenter de construire cette école afin d’aider les filles de ce quartier. Que cela soit pour les garçons ou pour les filles, c’est très difficile. Mais, les filles sont plus abandonnées à elles-mêmes que les garçons en matière d’éducation, dans la mesure où les familles n’ont pas les moyens d’instruire tous leurs enfants. Lorsqu’ils ont les moyens, ils favorisent plus les garçons. C’est pourquoi on essaie de développer l’éducation chez les filles. L’avantage qu’on a ici en Europe, c’est qu’on peut voir la manière de faire les choses, de planifier les objectifs, de trouver les moyens, ce qui n’est pas le cas en Afrique qui manque cruellement d’éducation et d’accès à la technologie au niveau des filles. L’association essaie ainsi d’inciter la vulgarisation de l’éducation des filles au Tchad afin qu’elles aient la chance de faire face à la vie de tous les jours.

La présidente Abakar Amalkher sur l’atteinte des objectifs fixés

Le premier objectif, c’est de permettre aux filles d’accéder à une éducation, grâce à cette école, à des parrainages, à des aides de bonne volonté. Pour facilité la marche du projet, on a commencé par des cotisations venant de nos propres moyens. Il est impératif aussi de sensibiliser les parents pour les convaincre de l’importance de l’éducation scolaire de leurs filles. Pour la réalisation de notre projet, nous sommes prêt à relever le défi pour réussir.