Article publié le 2011-01-20 par Par Alexandre Korbéogo Politique
Election présidentielle 2010 au Burkina Faso - Blaise Compaoré rempile pour un mandat de 5 ans [12/2010]
Blaise Compaore, sa femme et le couple Obama © Lawrence Jackson/White House

Le 21 novembre 2010, les Burkinabé de 18 ans ou plus se sont rendus aux urnes pour élire leur Président. Sept prétendants ont postulé à cette élection dont le Président sortant Blaise Compaoré qui brigue un nouveau mandat de 5 ans. Au finish, c’est le Président sortant Blaise Compaoré qui remporte les élections avec 80,21 %.

Entamé en 1990, le processus démocratique connait un élan de vitalité au Burkina Faso. Depuis cette date, périodiquement, les Burkinabé vont aux urnes soit, pour élire les conseillers municipaux (élections municipales), soit, pour élire les députés (législatives) ou le Président du Faso (présidentiel). Sans discontinuer donc, les élections se tiennent de façon démocratique avec des taux de participation qui varient de 20 à 60 % selon les élections. Cette année, les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) donnent Blaise Compaoré vainqueur avec 80,21 %. Il est suivi respectivement de Hama Arba Diallo (8,18 %), Bénéwendé Stanislas Sankara (6,34 %), Boukary Kaboré (2,30 %), Maxime Kaboré (1,47 %), Pargui Emile Paré (0,85 %) et François Kaboré (0,64 %). Depuis près de trois mois, des candidats avaient été déclarés partants même si la caution pour participer à ce rendez-vous majeur est passée de 5 à 10 millions de Francs CFA (près de 16 000 euros) selon le nouveau code électoral. Pour la course au fauteuil présidentiel, sept candidatures sur huit avaient été validées par le Conseil Constitutionnel. Selon l’ordre de positionnement sur le bulletin unique, il s’agissait de Blaise Compaoré, Hama Arba Diallo, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, Pargui Emile Paré, Maxime Kaboré, François Kaboré et Boukary Kaboré dit « le lion ». La Commission électorale nationale indépendante (CENI), structure chargée de l’organisation des élections a procédé à deux reprises au recensement électoral. Le bilan a fait ressortir 3 239 777 inscrits dont 1 778 693 votants pour un taux de participation de 54,90 %. Avec les nouvelles réformes du code électoral, ce recensement a obéi à des règles nouvelles sur les documents à fournir pour figurer sur la liste électorale. Selon ces règles nouvelles, seuls les détenteurs d’un extrait d’acte de naissance ou d’un jugement supplétif, d’une carte d’identité, d’un passeport ou d’une carte militaire étaient aptes à s’inscrire.

21 jours de campagne

Après cette inscription, la CENI a procédé à la vérification des listes afin de dresser définitivement la liste électorale. La délivrance des cartes d’électeurs a débuté le 26 octobre et a pris fin le 21 novembre, jour J du scrutin n’ont pu prendre part au vote de la présidentielle que les citoyens munis uniquement de la nouvelle carte nationale d’identité Burkinabé (CNIB). Pour favoriser l’accès des moins nantis à ce précieux sésame, le Gouvernement a pris des mesures pour diminuer le coût de l’établissement de la CNIB. Il est passé de près de 5 euros à moins d’un euro. Mieux, certains opérateurs économiques et certaines personnalités ont engagé souvent des actions contribuant à délivrer gratuitement les CNIB aux populations. Durant 21 jours, les différents candidats ont sillonné le Burkina Faso pour expliquer leur programme aux populations. Que ce soit sous la bannière d’un parti politique ou de façon indépendante, des postulants ont sorti leurs griffes. Parmi ceux-ci, on retrouve Blaise Compaoré, le Président sortant qui est naturellement le candidat du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Pour la présente campagne, ce dernier s’est mis sous la coupe de 4 piliers. A savoir le CDP, l’Alliance pour la démocratie et la Fédération-Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) et le mouvement associatif de la Fédération associative pour la paix et le Progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC). Les autres candidats et pas des moindres sont Me Bénéwendé Sankara de l’UNIR/PS, Maxime Kaboré (un indépendant), Hama Arba Diallo, Boukary Kaboré dit « le lion » du PUND, et François Kaboré du PDP/PS. Cette pluralité de candidatures dénote l’intérêt des politiques à présider aux destinées des Burkinabé. C’est aussi l’expression de la vitalité démocratique qui se perfectionne d’année en année. Avec le tamis du Conseil Constitutionnel, seuls les 7 cités plus haut réunissent les conditions pour aller à la course à la présidentielle.

La liberté d’expression, un atout démocratique

Depuis plus de 20 ans, une stabilité politique jamais égalée dans l’histoire du Burkina Faso maintient les institutions débout. De nombreuses réformes politiques opérées ont permis d’atteindre ce résultat. Parmi celles-ci la liberté de la presse. Reporters Sans Frontières (RSF) classe le Burkina Faso 6ème pays africain en matière de respect de la liberté de la presse. Cette presse est un atout pour tous les hommes politiques qui peuvent faire passer leur message à travers les différents canaux de communication de masse que sont la radio, la télévision et la presse écrite. On le sait, une campagne électorale réussie ne peut se faire sans la communication. C’est par et à travers la communication que les différents candidats pourront convaincre les plus sceptiques afin qu’ils accordent leurs voix. Il est vrai que parmi les candidats déclarés, le Président sortant Blaise Compaoré, accompagné de son parti, le CDP, partait favori de cette course. Cette élection présidentielle a été le baromètre de la démocratie au Burkina Faso. Une démocratie qui, au jour le jour, est en train de s’enraciner dans la culture des Burkinabé.