Article publié le 2020-09-22 par Daouda Émile Ouédraogo Editorial
Les leçons de la Covid-19
LNA 138 - Aout 2020

Le monde traverse l’une des pires crises sanitaires jamais connues depuis la nuit des temps. La pandémie de la Covid-19 a mis à genoux les nations les plus puissantes. Ce petit virus a verrouillé le monde. Que de leçons à tirer. Que d’actions à mener sous la loupe de cette pandémie qui fait trembler le monde du Nord au Sud, d’Est en Ouest en passant par le centre. La pandémie du coronavirus vient rappeler à notre humanité sa fragilité. Cette maladie rappelle, au sens large de l’entendement, le sens de la capacité à transcender nos égos pour faire place à l’humain. Les chiffres sont effrayants. La douleur du monde entier l’est d’autant plus que nous sommes impuissants à combattre cet ennemi. Loin d’être invisible, il dicte sa loi à un monde rompu et imbue de lui-même. La pandémie du coronavirus vient enseigner la liberté et l’obligation de construire un monde inclusif. Nelson Mandela, l’intrépide combattant de la liberté disait : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaines ; c’est vivre d’une façon qui respecte la liberté des autres. » Le monde entier retient son souffle quant à son désir de respirer et vivre dans la liberté. La Covid-19 rappelle que cette liberté se compose avec elle. À la mi-juillet 2020, le monde entier comptait plus de 13 millions de cas pour plus de 530 000 décès. Sur le continent africain, l’Afrique du Sud est le pays le plus touché. Et, il semble être le parent pauvre de cette pandémie dont les leçons enseignent sur tous les plans. Il est indispensable de disposer de données précises, fiables et transparentes en temps voulu, non seulement pour lutter contre la pandémie mais aussi pour réduire les incertitudes et doper la confiance à tous les niveaux de l’économie et de la société, y compris au travail. Une baisse de la confiance, ou un manque de confiance, affecte les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises, induisant un ralentissement économique et freinant la reprise.

 

Les lieux de travail sont des centres névralgiques pour diffuser des informations, pour communiquer et sensibiliser sur la sécurité et la santé au travail, y compris les mesures de protection et de prévention visant à réduire la propagation des maladies infectieuses. Ce qui, par ricochet, contribue à réduire les répercussions sociales et économiques de ces maladies, notamment en protégeant les emplois, surtout dans les secteurs les plus touchés. Les [organisations de] travailleurs et les employeurs peuvent collaborer afin de promouvoir la prévention, la prise de conscience et le renforcement des capacités de leurs membres, ainsi que l’application de pratiques de sécurité et de santé au travail à l’échelon du lieu de travail, conformes aux normes internationales du travail.

 

Contrairement aux approches parcellaires, les interventions d’ampleur peuvent faire la différence, surtout quand elles sont dotées de ressources généreuses (par exemple, des politiques fiscales proactives) et des solutions politiques innovantes (par exemple, des programmes de transfert en espèces de types nouveaux et variés à l’intention de groupes cibles). Elles sont primordiales pour préserver le niveau de vie des populations affectées et stimuler une reprise tirée par la demande. Les segments de la main-d’œuvre qui sont les plus durement touchés requièrent une attention particulière. Comme on l’a constaté pendant la Grande récession, les jeunes et les plus de 55 ans ont généralement davantage besoin d’aide pour retrouver leur situation professionnelle. La crise de la maladie à virus Ebola nous l’a appris : dans les urgences sanitaires, certaines catégories sont particulièrement vulnérables (par exemple, les professionnels de santé et les femmes, compte tenu de leur rôle d’aidant). Il est fondamental de privilégier l’emploi, y compris le travail indépendant, pour faciliter le processus de redressement. Les réponses passées aux urgences sanitaires et aux catastrophes naturelles ont montré que les investissements à haute intensité de main-d’œuvre dans les infrastructures et les services de santé, d’eau, d’assainissement et d’hygiène sont un important moyen de création immédiate d’emplois en période de crise. Les politiques qui favorisent le développement des compétences et l’entreprenariat atténuent l’impact du chômage.