Ils font partie de ceux qui luttent pour la promotion d’un mieux vivre en Afrique. Durant l’histoire contemporaine de l’Afrique, des hommes et des femmes ont marqué de leurs empreintes la vie de leurs concitoyens. Membres de la société civile, plus particulièrement, des mouvements associatifs, les figures historiques africaines ne manquent pas de séduire par leurs oeuvres.
Les personnalités africaines de la société civile ont leur part à jouer dans la construction de l’Afrique. Que ce soit durant la période coloniale, ou celle post coloniale, des africaines et des africaines ont pesé de leur poids dans les décisions qui ont changé le cours de l’histoire de leur pays. La mort vient d’arracher de façon brutale l’une des militantes écologiques kenyane la plus en vue sur le continent, Wangari Muta Maathai. A l’âge de 71 ans, la dame de fer a tiré sa révérence dans son pays natal à la suite d’un cancer. Retour sur le portrait d’une femme aux mains vertes comme nous l’écrivions dans notre édition de juillet 2011.
La femme par qui l’écologie devint vectrice de paix en Afrique
Il y a des histoires qui naissent par le pur hasard dans l’histoire de l’humanité. Du fond du Kenya profond, en 1940, naissait une fille qui allait bouleverser le monde par sa farouche défense contre la coupe du bois et la protection de l’environnement. Wangari Muta Maathai, la «tree woman» est aujourd’hui, la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix en 2004, pour son action pour l’écologie, la paix et la démocratie. Portrait d’une militante forte de caractère. Depuis 1977, aidée par des femmes, Wangari Muta Maathai a planté 30 millions d’arbres au Kenya pour prévenir l’érosion du sol, grâce au mouvement de la Ceinture verte. A 71 ans (elle est née le 1er avril 1940), cette dame à la forte corpulence imprègne de son aura le domaine de la protection des arbres, de la lutte pour la démocratie et la paix. Plusieurs fois emprisonnée, Wangari Maathai, depuis l’obtention de sa licence en biologie, obtenue au Mount St Scholastica College (Mount St Scholastica College) à Atchison, dans le Kansas, l’écologie est devenue son affaire. Dotée d’un regard franc, toujours souriante, Wangari Maathai se bat au quotidien aux côtés des femmes pour un monde plus vert où la protection de l’environnement doit être le credo de l’humanité. Ce n’est pas pour rien qu’à la grande surprise de l’Afrique, elle fut, en 2004, la première femme d’Afrique à obtenir le prix Nobel de la paix pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix». Pour paraphraser Arsène Wenger, le talent est souvent précoce mais, des difficultés peuvent freiner son expression. Cependant, il finit toujours par s’exprimer. A l’université comme dans la vie professionnelle et politique le talent de cette dame s’est exprimé.
Un fort caractère sur une tête pleine
Dans sa vie estudiantine, cette kenyane, native de Ihithe village, a fait preuve d’un réalisme en gravissant tous les échelons jusqu’à être doyenne de la faculté de médecine vétérinaire à l’Université du Kenya. Mieux, pour faire passer ces idées, elle s’est engagée dans la politique en fondant le parti vert Mazingira. Membre du parlement kenyan depuis 2002, mère de 3 enfants avant son divorce en 1979, elle fut nommée par Mwai Kibaki en 2003 ministreadjoint à l'Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage en janvier 2003. Son goût prononcé pour les arbres, la protection de l’environnement lui ont valu le surnom de « tree woman », la femme des arbres. L’humanité a ce secret de doter des personnes d’un destin qui échappe à la compréhension humaine. Si Wangari Maathai est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce qu’elle a eu le courage d’affronter les adversités qui s’imposaient à sa conviction : la confiance au fait que les arbres peuvent sauver l’humanité contre les intempéries du climat. Elle est convaincue que l’humanité n’aura son salut que dans et par la protection de l’environnement. La preuve :de nombreuses distinctions ont honoré son combat pour un monde plus vert. L’héritage qu’elle veut laisser aux enfants d’Afrique, c’est semer des graines pour la paix et le développement durable. Car, elle est consciente que : « Nous plantons les graines de la paix, maintenant et pour le futur. »
Aminata Dramane Traoré ou le symbole de la lutte altermondialiste
On ne peut parler du mouvement alter mondialiste en Afrique sans citer son nom. Aminata Dramane Traoré fait partie de celle qui parcourt l’Afrique et le monde pour prôner un monde meilleur pour les faibles. Militante engagée, cette écrivaine a été ministre de la culture de son pays, le Mali, sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré, de 1997 à 2000. Son terrain de combat se résume à la lutte contre la domination coloniale, l'impérialisme néocolonial de la France ou du Royaume-Uni, ou encore des diktats des institutions financières internationales (IFI). Selon Aminata, le problème est, selon elle, toujours le même : les peuples africains sont privés de leur destin par des puissances étrangères qui exploitent leurs richesses avec la complicité de gouvernements locaux illégitimes et corrompus. A hue et a dia, cette dame de fer ne porte pas de gant, lorsqu’il s’agit de défendre becs et ongles, l’Afrique contre toute forme de domination. A travers ses multiples publications, elle dénonce l’oppression culturelle dont l’Afrique est victime de la part des pays occidentaux. Née en 1947 au Mali, Aminata Dramane Traoré est une intellectuelle engagée dans les luttes pour l’émancipation de l’Afrique. Pour elle, l’Afrique doit prendre son destin en main. «Car en économie comme en politique, nous nous sommes comportés en consommateurs d'idées venues des pays et des institutions qui financent. Autant dire comme Joseph Ki Zerbo que "nous dormons sur la natte des autres", précise-t-elle.
Alioune Tine, le militant des droits de l’homme
Au Sénégal, il est connu pour ses prises de position sur les questions liées aux droits de l’homme. Actuellement secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO). Né en 1949, Alioune Tine est professeur de Lettres Modernes à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar depuis 1981. Son combat pour la défense des droits de l’homme ne laisse aucun répit aux dirigeants africains dont les pays sont dans le collimateur de la RADDHO. On peut citer le cas de l’ex président tchadien Hissène Habré. En Guinée-Bissau, en Casamance, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Darfour etc., l’homme, à travers la RADDHO a apporté sa pierre dans l’édification d’une Afrique plus pacifique et, plus tournée vers son développement.
Récompenses de Wangari Muta Maathai
* Wangari Muta Maathai est récipiendaire du prix Nobel alternatif en 1984, «pour la conversion du débat écologique du Kenya en action de masse pour le reboisement.»
* 1991 : Prix Goldman pour l’environnement
* 1991 : Prix Afrique
* 1993 : Médaille Edingburg
* 2004 : Prix Petra Kelly
* 2004 : Prix Sophie
* Wangari Muta Maathai est récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 2004, «pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix.»