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Small Farmers Are the Answer Challenge © Bill & Melinda Gates Foundation

AGRICULTURE / Les intrants agricoles - La cerise sur le gâteau [08/2011]

Par Par Anthony Vercrusse | Dossier

On ne peut parler de l’agriculture sans faire cas des fertilisants : les intrants. Elément indispensable, sinon incontournable dans la production agricole, les intrants constituent, de nos jours, la sève nourricière des spéculations. Zoom.

En Afrique, comme partout dans le monde, les engrais constituent les fertilisants les plus utilisés pour augmenter la production agricole. Que ce soit l’engrais naturel ou artificiel, cet élément de la nature, permet d’accroître le rendement agricole. Certains cultivateurs l’apprécient en fonction des rendements, d’autres le rejettent, en fonction de ses effets néfastes sur les sols. Différentes sortes d’engrais sont utilisées dans l’agriculture. Les engrais naturels, tels que la fumure organique, très prisée en Afrique et les engrais chimiques dont les coûts ne sont pas à la portée des paysans. La FAO estimait en 2003, par la voix de Louise O. Fresco, que les rendements étaient multipliés grâce à l’utilisation des engrais : «il y a un demi-siècle, les agriculteurs n'appliquaient à leurs terres que 17 millions de tonnes d'engrais minéraux. Ils en consomment aujourd'hui huit fois plus. En Europe du Nord, l'apport d'engrais est passé d'environ 45 kg/ha à 250 kg/ha depuis 1950. Pendant la même période, en France, le rendement en blé a augmenté chaque année, passant d'environ 1,8 tonne/ ha à plus de 7 tonnes/ha. L'augmentation de la consommation d'engrais a certainement été inférieure à celle de la productivité, ce qui confirme la tendance générale à une fertilisation plus efficace. La fertilisation apporte aujourd'hui 43 pour cent des nutriments absorbés chaque année par la production agricole mondiale, et cette contribution pourrait atteindre 84 pour cent dans les années à venir.» Cette performance prouve la nécessaire utilité de l’engrais dans la gestion des terres cultivables. En Afrique, il n’y a pas un seul pays où l’agriculture n’occupe pas plus de la moitié de la population. L’utilisation des engrais permet de redonner un sens à la production des spéculations. Le paysan de Falagountou, au fond du Burkina Faso, ou dans le tréfonds du Mali connaît les bénéfices des engrais.

La fumure organique : rien de tel

Dans les différents types d’engrais, et selon l’évolution du temps, la fumure organique se présente aujourd’hui comme l’un des fertilisants les plus utilisés et le plus protecteur des sols. La fumure organique s’obtient aisément par le truchement des déchets des animaux. Ainsi, plusieurs agriculteurs, par le biais de l’élevage, parviennent à adopter cette technique de fertilisation avec aisance. Ils créent ainsi un cycle. Ce cycle s’obtient par le fait que les animaux (moutons, boeufs, chèvres) défèquent dans leur enclos. Cette bouse est ramassée et entassée dans un endroit réservé à cet effet. Après quelques jours, cette bouse est utilisable sur les périmètres cultivables. Lorsque les spéculations telles que le maïs, le mil ou les tiges sont récoltées, ils constituent le foin pour les animaux et, le cycle est bouclé. Par an, non seulement la production augmente mais aussi, les sols sont protégés. C’est dans cette optique qu’il faut travailler à satisfaire le besoin alimentaire des populations. La FAO, au vu de l’augmentation du nombre des habitants sur la terre, sait que la solution de la sécurité alimentaire du monde viendra des pays africains. Ce sont ces pays qui ont le plus d’espaces cultivables. A ce propos, l’Organisme préconisait l’augmentation de la production vivrière : « la croissance des revenus s'accompagnera d'un accroissement de la demande alimentaire tel que la production vivrière devra augmenter d'environ 60 pour cent dans les trois prochaines décennies.» Selon Louise O. Fresco, «la quasi-totalité de cette augmentation devra provenir des pays en développement grâce à une intensification de l'agriculture, c'està- dire à un rendement accru par unité de temps et de superficie. L'urbanisation réduisant la main d'oeuvre rurale, l'agriculture devra également adopter de nouvelles formes de mécanisation et se tourner vers une utilisation intensive des terres, avec tout ce qui s'y attache.» Cette utilisation intensive des terres ne peut se faire que si l’on a des terres. Et, les grandes superficies cultivables ne se trouvent qu’en Afrique.

Les insecticides, un autre intrant mais…

S’il y a une catégorie d’intrant qui suscite moult débats dans l’agriculture, c’est bien les insecticides. Certains décrivent ses effets néfastes sur les sols et les cours d’eau, d’autres trouvent son utilité dans la lutte contre les ravageurs. Dans tous les cas, dans l’utilisation des insecticides, il y a toujours le revers de la médaille. Car, mal utilisée ou mal dosée, elle cause forcément des dommages sur l’homme, la nature et les animaux. En outre, certains insecticides sont déconseillés. Mais, des producteurs, peut-être en manque de moyens financiers, les utilisent causant des dégâts sur tous les plans. Dans cette optique, une catastrophe écologique n’est pas loin si rien n’est fait. Il sied de pouvoir utiliser les engrais et les intrants de sorte à favoriser et permettre, une régénération des terres qui puissent profiter aux générations futures. Les ravages des insecticides ont été constatés dans de nombreuses eaux de certains barrages en Afrique. Il sied pour les producteurs de comprendre, qu’au delà de leur gagne-pain quotidien, la nature a besoin d’être protégée pour continuer à donner aux vivants les fruits de son existence. Puisque l’homme n’existe que lorsque la nature existe.