Ressource naturelle de grande valeur, le bois constitue une source importante de revenu pourles Africains. Cette réalité ne met pas ce produit à l’abri des attaques et des pratiques malsainesdans ce secteur, en particulier les abattages clandestins de bois. Le développement de cettefilière passe inexorablement par la nécessaire lutte contre ce phénomène.
Que ce soit en Afrique, en Europe, en Asie, l’abattage clandestin des arbres constitue une plaie du commerce de bois dans le monde. Par an, ce sont des millions de m3 de bois qui sont abattus de façon clandestine et exportés sous d’autres cieux. L’argent de cet abattage clandestin va dans les poches de trafiquants, de particuliers, de barons de la guerre, servant ainsi à alimenter des conflits dans différentes contrées de la planète. Durant plusieurs années, l’Union européenne a tiré la sonnette d’alarme quant à l’exploitation illégale du bois dans les pays en développement en général et particulièrement, dans les pays exportateurs de bois. L’Union européenne, qui est une grosse consommatrice des produits dérivés du bois, définit un processus et un ensemble de mesures visant à lutter contre le problème sans cesse plus préoccupant de l’exploitation clandestine des forêts et du commerce qui y est associé. L’objectif principal est d’améliorer la gouvernance des pays producteurs de bois et d’établir des partenariats volontaires avec eux pour faire en sorte que seul le bois légalement débité entre dans l’Union européenne (UE). Lorsqu’on sait que le bois exploité de façon judicieuse permet de donner un souffle nouveau aux économies des pays exportateurs, l’on ne peut que combattre cette pratique avec la dernière énergie. Non seulement, les exploitants illégaux sont à plaindre mais aussi, les acheteurs, qui sont responsables autant que les producteurs. Le marché existe parce qu’il y a des clients. Pour venir à bout de cette pratique, il faut une synergie d’action des pays exportateurs de bois afin d’endiguer les effets néfastes de cette pratique sur l’économie.
Des conséquences négatives
L’exploitation clandestine est étroitement liée à la corruption et à la criminalité organisée, car elle porte préjudice à l’État de droit, aux principes de la gouvernance démocratique et au respect des droits de l’homme. Dans certains cas, l’exploitation clandestine des forêts va aussi de pair avec des conflits violents. Les profits engendrés par l’exploitation clandestine des forêts (et d’autres ressources naturelles) sont souvent affectés au financement et à la poursuite de ces conflits. L’exploitation clandestine des forêts et le commerce qui y est associé sapent la compétitivité des industries forestières légitimes dans les pays exportateurs et importateurs de bois, ce qui a pour effet de limiter la capacité de ces industries à mener des actions concourant à une gestion durable des forêts et, plus généralement, à un développement durable. L’exploitation clandestine des forêts cause également d’énormes dommages à l’environnement et appauvrit la diversité biologique. Sur le long terme, elle peut finir par avoir un impact négatif sur les moyens de subsistance des populations tributaires de la forêt pour leur survie, qui font souvent partie de la frange la plus pauvre et la plus marginalisée de la planète. L’exploitation illégale menace ainsi bon nombre d’éléments entrant dans les objectifs de l’Union européenne en matière de développement : le financement du secteur public pour un développement axé sur les pauvres, la paix, la sécurité, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la gestion durable de l’environnement. Au-delà de l’Union européenne, c’est toute l’Afrique qui en pâtit. Les forêts de la RD Congo ne fourniront plus de bois pour alimenter l’économie du pays mais plutôt, assouvir les appétits voraces de quelques individus. D’où la nécessité de faire en sorte que le bois soit exploité selon les normes et les standards internationaux respectant les lois en vigueur dans les pays exportateurs de bois. Pour ce faire, les pays Africains, n’ayant pas assez de moyens financiers pour mener seuls la lutte ont bénéficié de l’appui de l’Union européenne. L’Union européenne a pris l’option d’associer les pays producteurs de bois pour mettre de l’ordre dans l’exploitation des forêts. Ce plan vise à lutter contre l’exploitation illégale des forêts à travers la conclusion des Accords de partenariat volontaire (APV) avec les pays producteurs du bois. L’Union européenne est d’avis que l’exploitation illégale des forêts est responsable d’importants dommages environnementaux ou sociaux. Le sommet du G8 a reconnu cette situation en adoptant en 1998 des mesures pour combattre l’exploitation illégale et un programme d’action sur les forêts a été officiellement adopté. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la démarche entreprise en mai 2003 à la Commission européenne par l’adoption d’un plan d’action Flegt (acronyme anglais qui signifie Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux). Ce plan vise à lutter contre l’exploitation illégale des forêts à travers la conclusion des Accords de partenariat volontaire (APV) avec les pays producteurs du bois, la mise en place d’une législation interdisant toutes les importations illégales et des mesures nationales de promotion du bois légal et durable. L’on constate aujourd’hui qu’avec la résolution des conflits dans de nombreux pays africains, l’abattage clandestin de bois a été réduit à sa simple expression mais s’il n’a pas encore été totalement circonscrit. En Afrique, la lutte doit se poursuivre pour préserver les acquis des nations et des sociétés. Cela est très important.