L’année nouvelle en Afrique sera une année culturelle. Des événements majeurs tels que le Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) et Afrique en Créations mobiliseront l’attention des Africains et du monde entier. Décryptage.
La richesse, la diversité et la vitalité de la culture africaine ne sont plus à démontrer. Depuis la nuit des temps, cette culture a mobilisé des coeurs, suscité et nourri des espoirs en faisant vivre des passions. La culture africaine est le symbole et le reflet de la symbiose des peuples du continent. De Johannesburg (Afrique du Sud) au Caire (Egypte), de Dakar (Sénégal) à Addis-Abeba (Ethiopie), la culture africaine, chaque année révèle des surprises au monde entier. Le cinéma, les arts, les sculptures et les figurines des 4 coins d’Afrique sont uniques en leur genre. Un évènement d’envergure mondiale organisé en Afrique est l’occasion d’un test grandeur nature de la richesse des peuples d’Afrique. La dernière coupe du monde de football organisé en Afrique du Sud a montré combien les Africains sont riches de leur identité. La preuve : l’Afrique a introduit le vuvuzuela dans le monde et sur les stades. En 2011, le continent ne dérogera pas à la règle. Le monde du cinéma se retrouvera à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso pour vivre et revivre le cinéma africain dans sa noblesse et sa grandeur.
Le cinéma africain, un art, une passion
Le cinéma africain constitue un art et une passion. En Afrique, deux grands événements cinématographiques mobilisent l’attention. Il s’agit du Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) et du festival des films de Carthages en Tunisie. Biennale du cinéma africain, le FESPACO constitue le pôle d’attraction du cinéma en Afrique. Durant ses précédentes éditions, il a connu la participation d’illustres acteurs du cinéma hollywoodien tels Danny Glover et africain tel le regretté Sembene Ousmane. En sa mémoire, une salle d’un hôtel de Ouagadougou porte son nom. En 2011, du 26 février au 05 mars, le Burkina Faso vibrera au rythme de ce festival. Les organisateurs mettent les bouchées doubles pour réussir cette manifestation. D’ores et déjà, la date de clôture de dépôt des films en compétitions a été fixée au plus tard au 31 janvier 2011. Celle de l’envoi des fiches d’accréditation à été fixée au 31 décembre 2011. L’odyssée de cette fête du cinéma et de la télévision dure depuis 1969, date de sa création. Le plus prestigieux de ces prix est l’étalon de Yennenga. Pas moins de 3000 festivaliers se retrouveront dans les rues de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso pour vivre cette biennale qui ne manquera pas de piquant.
Afrique en Créations, une autre dimension
Depuis plus de vingt ans, Afrique en Créations est indéniablement un partenaire fidèle incitant et accompagnant le développement du secteur culturel en Afrique. Aujourd’hui, la richesse, la diversité et la vitalité de ce secteur ne sont plus à démontrer. Partout sur le continent, des artistes sont nés et ont mûri ; des opérateurs et des festivals se sont professionnalisés ; un marché s’est développé, jouant à l’échelle du continent un rôle déterminant aux côtés du réseau culturel français, pour la circulation des oeuvres localement, régionalement et internationalement. Si le travail de ces femmes et de ces hommes souvent remarquables est à saluer, il reste encore beaucoup à faire pour que les artistes et les oeuvres aient leur place entière dans les grands circuits internationaux et pour qu’en Afrique le développement du secteur culturel soit reconnu et accompagné politiquement.
Elargissement du périmètre d’action
Le périmètre d'action du département Afrique en Créations s’est élargi en 2007 avec la création de Caraïbes en Créations, destiné à tous les pays de la région caribéenne. Le programme 2007-2009 qui s’est prolongé en 2010 s’est constitué autour de 8 millions d’euros pour 3 ans, dont 1,5 million, destiné au lancement de Caraïbes en Créations. Il est axé principalement sur l’appui à la création, le renforcement du soutien à l’accès au marché national et international, l’encouragement au développement de l’économie de la culture pour que l’Afrique puisse bénéficier des retombées économiques de la richesse de sa production culturelle. Cette manifestation se décline autour de l’appui aux résidences d’artistes à travers le programme Visas pour la création, des grandes manifestations thématiques en Afrique et dans les Caraïbes conçues comme des plates-formes professionnelles. Il existe aussi la recherche de nouveaux territoires de marché, un appui renforcé aux opérateurs culturels les plus structurés, le développement d’outils de promotion sur support livres, CD et DVD. L’action se poursuivra à partir de cette nouvelle année à travers un appui spécifique au renforcement des filières de chaque discipline en tenant compte des spécificités et enjeux propres à chacune. Il est incontestable que 2011 en Afrique, sur le plan de la culture, promet des merveilles.