Le nouvel aéroport de Ouagadougou, dont les travaux ont débuté officiellement en 2008, mais la phase construction réelle qui interviendra en 2012, pourra recevoir des airbus A 380 et plus de 30 millions de passagers par an.
A 35 km au nord de Ouagadougou, un terrain d’une superficie de 63 km2 est déjà prêt à accueillir le nouvel aéroport international, dont le coût est estimé à 236,6 milliards F CFA. Ce nouvel aéroport, qui sera érigé dans une bourgade au nord de la capitale politique, sera exécuté en trois phases. Le financement en sera assuré par l’Etat burkinabé et le secteur privé. Récemment, lors de la visite du Président du Faso, Blaise Compaoré, au Qatar, l’Emir de cet Etat a montré son intérêt pour la participation de son pays à la construction de cet aéroport à dimension internationale. Selon le chef du projet, Sibiri Zango, la première phase, qui coûtera 173 millions d’euros, permettra d’accueillir les aéronefs de type Boeing 747. Le plan de développement prévoit deux pistes pour l’atterrissage et le décollage, une liaison avec le réseau ferroviaire, huit terminaux passagers avec un terminal distinct pour les pèlerins et les compagnies ‘low cost’. La deuxième phase verra l’extension des capacités aéroportuaires. Elle se chiffre à 55 millions d’euros. Cette phase permettra d’étendre le terminal passagers et celui du fret, de renforcer la sécurité aéroportuaire grâce à un équipement radar, ainsi que des équipements de contrôle et de surveillance.
La création d’emplois
La troisième phase sera consacrée à la création d’une zone franche, la construction de bretelles de voies ferrées, de complexes hôteliers et commerciaux ainsi qu’au démarrage des études de faisabilité d’une deuxième piste d’atterrissage. Six mille emplois seront espérés dès l’entame du projet et quinze mille dans les 25 ans à venir. Le partenariat secteur public/ secteur privé se fera par la mise en place d’une société d’économie mixte qui sera chargée de la promotion du nouvel aéroport d’une part, et d’autre part de gérer les activités commerciales de l’actuel aéroport situé en plein centre ville de Ouagadougou. Selon le schéma tactique mis en place par les autorités Burkinabé, l’ancien aéroport, actuellement en cours de rénovation, fera peau neuve pour continuer à accueillir des passagers. Les travaux vont consister, selon le ministre Gilbert Ouédraogo, à l’agrandir afin de l’adapter au trafic, qui est croissant. Pour ce faire, les halls d’enregistrement et d’arrivée seront agrandis; des salons d’arrivée et de départ seront construits.
Loin des bruits
La réalisation de certaines commodités viendra compléter la nouvelle configuration de l’aéroport de Ouagadougou. Le coût des travaux de cet aménagement est de 2,5 milliards de F CFA, environ 3,8 millions d’euros. A ce jour, ce projet est bien avancé et d’ici là, malgré des retards dans son achèvement, les passagers à destination de Ouagadougou ne connaîtront plus les désagréments causés par le réaménagement de cet aéroport. Il est vrai que, de même que Ouagadougou fait peau neuve, l’aéroport de la capitale doit refléter les réalités du pays des Hommes intègres. Ces réalités se conjuguent avec le fait et l’ambition de devenir un pays émergent à l’horizon 2025. Dans cette optique, le nouvel aéroport qui sera construit à Donsin, à 35 kms au nord de la capitale, permettra de désengorger la ville. Mieux, le centre ville de la capitale qui sera occupé par le projet ZACA(1), pourra faire ses affaires loin des bruits assourdissants des avions qui décollent ou qui atterrissent. Mieux, le nouvel aéroport de Ouagadougou donnera à la ville son véritable nom de capitale de la culture africaine. Il est clair que l’on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs. Le projet occasionnera le départ involontaire de 4 300 personnes réparties dans 750 ménages, des pertes de biens individuels et collectifs (bâtiments à usage d’habitation, forages, écoles, mosquées, et églises), des sources de revenus et de moyens de subsistance, de 3600 arbres fruitiers ou à usages multiples, de 3000 ha de terres agricoles, d’une quarantaine de sites sacrés, de 700 sépultures dont 500 à déplacer.
Une maîtrise d’ouvrage
Pour tirer le meilleur bénéfice dans la réalisation du projet, une maîtrise d’ouvrage a été créée par décret pris en Conseil des ministres. A la tête de cette maîtrise d’ouvrage, l’on retrouve un ancien ministre en la personne de Monsieur Hyppolite Lingani. Selon le chef du projet, durant la période de concession (30 ans), l’Etat escompte près de 36,5 millions d’euros de droits de concession, 7,6 millions d’euros de taxe sur le développement du tourisme et près de 40 millions d’euros au titre de la taxe sur la sécurité. «L’impôt sur les bénéfices avec un régime fiscal favorable» devrait se chiffrer à 40 millions d’euros. A l’heure actuelle, selon le ministre des Transports du Burkina, Gilbert Noël Ouédraogo, il ne reste «pour le début des travaux qu’à régler le plan de financement et le schéma de construction».
(1) ZACA: Le projet de la Zone d’Activités commerciales et administratives