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Par le truchement du bombardement des nuages, les Maliens ont pu acquérir une technique innovante pour faire tomber la pluie, baptisée «opération Sandji». Soutenue par des pays expérimentés dans ce domaine, les résultats de cette forme d’obtention de la pluie ne se sont pas fait attendre sur l’agriculture.
En 2006, le programme de pluies provoquées a débuté. Baptisé «opération sandji» (1) ce programme, d’un coût global de vingt-deux millions d’euros, vise à faire face aux déficits pluviométriques. Entre 2006 et 2008, l’opération a effectué respectivement soixante-huit, cent vingt-sept et deux cent cinq sorties par année. Résultat: une augmentation significative de 22% (atteignant 45% par endroits) de la pluviométrie et une meilleure répartition de cette manne du ciel sur le territoire national.
Le procédé utilisé consiste a ensemencé les nuages par l’iodure d’argent et le chlorure de calcium.»Si tous les facteurs sont réunis, le petit avion de type Piper Cheyenne II équipé d’un labo de physique de l’atmosphère monte au ciel pour ensemencer les nuages. L’avion, doté de cartouche pyrotechnique, libère des produits chimiques à base de sulfate de sodium. Les sels distillés dans les nuages s’agglutinent autour des particules qui forment les nuages et contiennent de la vapeur d’eau. L’opération est toujours suivie d’effet et fait provoquer immédiatement de la pluie dans les vingt à quarante minutes qui suivent», a expliqué Mama Konaté, le Directeur général de la Météo au Mali. A cet effet, deux avions et une station d’imagerie satellitaire ainsi qu’un réseau de quatre radars météorologiques (dans les villes de Manantali, Bamako, Mopti et Gao) ont été nécessaires pour mener à bien cette mission. La stratégie a été payante. Ces opérations ont contribué non seulement à réduire l’impact néfaste du déficit pluviométrique mais aussi à favoriser le bon remplissage des barrages hydro-électriques.
Aucun impact négatif sur la santé
L’une des interrogations majeures qu’a suscitée l’opération «Sandji» a été de savoir si elle avait des impacts négatifs sur la santé des populations. Pour le Directeur général adjoint de la météorologie du Mali, Djibrilla Maïga «l’opération Sandji n’a aucun impact négatif sur la santé humaine, ni sur l’environnement». Pour étayer ces propos, le coordonnateur du programme, Mamadou Adama Diallolève évoque: «Au plan environnemental, les produits utilisés n’ont débouché sur aucune conséquence négative détectée et prouvée».
La pertinence de cette opération a permis au Mali de faire face aux difficultés liées à l’accès à l’eau potable et à celle des cultures irriguées. Le Mali peut s’enorgueillir d’avoir fait œuvre utile pour les populations. L’Etat, au vu des résultats probants, a formé des agents compétents, aptes à relever le défi, en lieu et place des experts étrangers. D’où une satisfaction générale: la technique de la pluie provoquée ou encore de l’augmentation des précipitations par ensemencement des nuages, semble tout indiquée pour un Sahel qui souffre de la raréfaction des précipitations.
(1) Sandji signifie en langue nationale bambara pluie